Mercredi 23 juillet 2008
L'étudiant Erasmus végète à l'état de larve céphalique à partir d'un âge plus ou moins certain. Son développement physique et psychique concret se manifeste dès la deuxième année d'études. Un bouillonnement incessant anime alors le cerveau du pauvre hère entamant sa transformation : cette évolution n'a rien du doux repos de la chrysalide qui mène la chenille à la béatitude de l'état de papillon, forcément, on n'est pas humain pour rien, il faut bien se compliquer la vie.

Etant étudiantes à Nanterre, nous avions eu l'occasion de nous préparer aux multiples chocs administratifs qui allaient s'abattre sur nous, à l'instar de Romain Duris dans l'Auberge Espagnole. Dès Septembre 2007, nous écumions le site de notre université et ceux, plus exotiques, des universités partenaires proposées, dictionnaire en main. Irlande, Espagne, Italie, pays nordiques et Baltes, Suisse, Belgique, Pologne, Islande, Allemagne Grèce, Portugal, Turquie  défilaient sous nos yeux hagards, avides de découvertes, dont la première ne fut pas des moindres  : certains cours n'acceptent que les masters, d'autres sont enseignés dans des langues dont on ne savait même pas qu'elles existaient (hongrois, letton, slovaque), certains établissement proposent moins des trente crédits obligatoires par semestre (les ETCS Credits, norme européenne) en fonction des langues, les semestres à l'étranger empiètent sur les semestres français, Master se dit Master mais Licence se dit Bachelor, et site après site le découragement fait face à l'incompréhension.
Une visite au bureau Erasmus de notre UFR nous libéra de nos inquiétudes : la réunion aurait lieu en mars, inutile donc de s'inquiéter outre mesure. Cela ne nous empêcha pas de continuer notre petite enquête, de visiter le salon de la mobilité étudiante qui nous remplit les yeux de destinations alléchantes, qui malheureusement n'étaient pas proposés par Nanterre.

le mois de mars enfin arrivé, nous nous entassâmes à plus de cent dans une salle de l'UFR de Droit pour écouter les conseils avisés des coordinateurs, scrutant les regards, épiant les conversation pour être sûrs que personne d'autre ne convoitait la même destination. On nous expliqua que nous n'étions autorisés à prendre que deux dossiers à la sortie de la réunion. Damnation ! Le choix était large, et nous savions à peine quelles universités remplissaient au mieux les conditions requises, dont on nous avait informé au cours de cette même réunion. En résumé :
- les cours doivent correspondre autant que possibles à ceux de l'année en cours en France (nous découvrîmes plus tard que cela n'avait aucune importance)
- les cours à l'étranger doivent totaliser à 30 crédits ETCS par semestre, comme en France (attention donc si, pour compléter ce chiffre, il faut prendre des cours dans une langue inconnue)
- pour la langue, vérifier que les cours dans la langue souhaitée sont disponibles en master ET en licence.
-  la meilleure année pour partir, en tout cas pour le Droit à Nanterre, est la licence, car les master doivent passer environ 4 matières à l'étranger et 2 matières en France par semestre.

Nous nous emparâmes donc des dossiers "Pologne" et "Hongrie". Nous avions bien étudié les sites, pensions n'avoir rien laissé au hasard... Et fûmes stupéfaites de découvrir qu'il y a plusieurs universités à Varsovie et que Nanterre n'avait pas d'accords avec celle que nous voulions. De plus, il fallait passer 10 matières différentes pour un semestre en Hongrie pour remplir tous les ETCS.
De nombreuses heures passées sur les sites des universités furent donc encore nécessaires, et c'est avec découragement que je cliquai, enfin, sur le dernier pays de la liste du site Internet de Nanterre : La Turquie.
Le site de Bilgi était simple, bien organisé, clair et précis, et je me pris d'affection pour cette université où tout semblait facile et bien fait. Rien ne semblait clocher, chaque matière faisait 6 crédits ETCS, de nombreuses matières en anglais étaient proposées en licence, et en dix minutes tout fut réglé.
Depuis le temps qu'Erasmus fonctionne, je m'étonne que tous les sites n'aient pas tous été conçus aussi bien que celui-là ! C'était décidé, Istanbul, le Bosphore, les souvenirs de vacances, Topkapi, la Mosquée Bleue semblaient bien plus attirants que le fin fond de la Pologne : nous allions échanger nos dossiers.

Nous retournâmes donc au bureau Erasmus du bâtiment F pour effectuer l'échange. Mais lorsque nous informâmes la coordinatrice de notre destination elle fronça les sourcils et dit "Bilgi, Bilgi... Ca ne me dit rien, ce n'est pas dans votre brochure !". Je soulignai alors que pourtant, le lien était bien affiché sur le site de Nanterre. L'incohérence ne sembla pas l'émouvoir plus que ça et elle nous conseilla d'aller nous renseigner au bureau des relations internationales du bâtiment A. Ce que nous fîmes assidûment. 
Une fois les explications données, notre interlocturice alla s'enquérir de la chose et nous annonça que Bilgi avait été oubliée sur la brochure et que le nombre de place n'était pas mentionné. "Mais postulez quand-même, ça devrait aller".
Le "devrait" nous laissa perplexe mais nous rendîmes notre dossier, dûment rempli, à la date fixée.
Nous venions de faire notre premier pas dans l'aventure Erasmus.

Nos pérpéties nanterroises ne s'arrêtent pas là, mais ceci est une autre histoire...

 
Par Illusia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 23 août 2008
Notre quête n'était pas terminée. A peine avions nous été acceptées pour partir qu'il fallut remplir un nombre de documents astronomiques et s'assurer que Nanterre communiquait bien avec Bilgi, que nous allions recevoir notre mot de passe à temps et que nous pourrions nous inscrire avant la date limite. Il fallut également démarcher pour obtenir une bourse. Cela nous coûta une bonne douzaine de visites au bureau des relations internationales, entre les cours et les partiels. Retenons tout de même ce fameux 27 juin : "oh, mais d'ici le 30 mai c'est bon pour les inscriptions, en temps nanterrois c'est très long !".Plaisanterie qui ne nous fit pas beaucoup rire, notre inscription tenant à la condition que Nanterre aurait envoyé nos noms à Bilgi.
Toutefois, tout fut fait, et nous n'eûmes plus qu'à profiter de nos vacances. Jusqu'à ce que la préoccupation du visa nous effleure l'esprit.
N'ayant pas eu la formidable idée de choisir un pays européen, nous nous trouvâmes face à une nouvelle difficulté : réunir les papiers et le temps pour ce fameux visa. Entre autres pièces :

- un passeport valable encore un an (le mien n'était valable que jusqu'en avril j'ai du le refaire, même si je revenais en France en février )

- une attestation signée par les parents, tamponnée en mairie, s'engageant à nous envoyer de l'argent tous les mois (peut-être vérifieront-ils scrupuleusement cette assertion en épluchant mes relevés de compte)

- une attestation de couverture santé en Turquie (autrement dit, interdiction d'arriver sans payer à la LMDE 38 euros par mois, même si on n'est jamais malade)

- 99 euros en liquide (en liquide, vraiment ?)

Tout ce fatras administratif finissait donc par nous coûter bonbon, mais ne nous plaignons pas, c'était ça ou le fin fond de la Pologne.
En attendant, le consulat n'étant ouvert que de 9 heures à 12 heures en semaine, je commençais à rattraper la demi-journée que j'allais prendre, Tiphaine réunissait les derniers papiers, et nous attendîmes patiemment la venue de ce jeudi 28 août qui nous éclairerait, 10 jours avant le départ, sur notre situation d'étudiantes hors la loi ou non. Notons toutefois que, même sans visa, il est possible de se rendre en Turquie et de se faire faire une carte de séjour. Il suffit alors de sortir du territoire tous les 3 mois et de revenir avec un joli tampon sur son passeport. En définitive, une excursion en Grèce me paraissait des plus attrayantes.

Vickie
Par Vikki
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 28 août 2008

Enfin, le 28 août. Tiphaine et moi sommes parties aux aurores faire la queue derrière une cinquantaine de personnes en attendant l'ouverture du consulat. Après une attente raisonnable, nous pénétrons dans un étrange bâtiment, vieillot, illuminé au néon (nous en profiterons pour relancer le débat sur les lampes basse consommation, écologiques ou non ??).
On nous fait passer un portique, nos sacs sont absorbés par le détecteur aux rayons X, je sonne (chose étrange), et nous nous retrouvons au coeur de l'action, dans de vieilles pièces aux  meubles sombres comme des buffet alsaciens, une cours décrépie et, sous l'escalier, une petite porte près des toilettes qui cache la salle d'attente des visas.
Nous faisons alors la connaissance de Johanna, étudiante à Science Po, qui part aussi à Istanbul, à Bilgi, et, miracle, le même jour que nous, dans le même avion. Il n'en fallait pas plus pour nous emballer. Un peu trop malheureusement, parce que nous ne parvenons pas à obtenir de visa : notre attestation des parents n'a pas été tamponnée par la mairie.
Le consul examine mon dossier et fait remarquer que mon prénom ne fait "pas très français". Humour turc insondable ou insinuation suspicieuse, nous ne saurions le dire, et d'ailleurs, pas le temps de se poser la question, nous sommes éjectées du consulat, où nous devrons revenir avec nos tampons municipaux. Fichtre, et dire que les gens de l'année dernière n'ont eu aucun mal à obtenir leur visa sans cette attestation, c'est rageant.
Au moins, j'ai fini à dix heures et demie, j'arrive à onze heures au boulot, ce sera une heure de moins à rattraper, et pour ma peine j'ai un chocolat chaud, que je sirote en appelant ma maman.

Prochain épisode lundi, avec cette fichue attestation, et, je l'espère, mon visa !

Vickie

Par Vikki
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 3 septembre 2008
Nous retournons au consulat le lundi, avec tous les papiers cette fois, et finissons par obtenir notre visa ! Incroyable. Toutefois, le problème des chambres n'est toujours pas réglé, il va falloir s'y mettre, et puisque le président du Club Erasmus de Bilgi nous propose si gentiment de nous aider pour les éventuels problèmes de logement, je lui fais part de mon petit souci, en anglais.
Réponse en français, il va voir ce qu'il peut faire en me propose d'être mon "buddy" pour nous faire visiter la ville et apprendre le turc, en gros, j'adooore cette université qui s'occupe si bien de ses invités.

Bientôt le départ, ma valise est prête, il ne reste dans mes placards que des fringues moches ou super goths, appelez-moi Morticia. J'ai invité tout le monde pour un "thé d'adieu", manque plus que mes cookies au beurre de cacahuètes qui gonflent dans le four, la pluie tombe mélancoliquement dehors, et moi décidément j'ai hâte d'être partie !

Vickie
Par Vikki
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 9 septembre 2008

Nous nous sommes levées à 4 heures du matin, et la nuit a été agitée. C’est donc un peu dans le gaz que nous faisons nos adieux à nos parents dans le hall de l’aéroport, pas encore très consciente du départ imminent. Le décollage aura tôt fait de nous remettre les idées en place. Johanna nous a rejoint, on nous sert un brunch bien gras, et dès l’arrivée nous sentons que la température diffère légèrement de celle de Paris !

Un Information Man faussement accueillant tente de nous pousser vers le stand de billets pour le Shuttle. N’écoutant que notre suspicion, nous allons nous renseigner auprès des taxis, qui sont au même prix, plus le privilège d’être déposées pile en face de la résidence.

Bon, le cadre n’est pas tout à fait aussi beau que sur les photos, et pour commencer on nous annonce que nous ne sommes pas sur la liste d’accueil. Le Monsieur Sécurité me passe le téléphone. J’essaye de négocier, les voitures passent tout près, je n’entends rien, c’est affreux… Mais finalement un autre homme vient nous chercher et nous attribue nos chambres. Nous sommes dans des chambres séparées côte à côte, exactement les mêmes, et on se demande bien pourquoi personne ne veut nous mettre ensemble. Qu’à cela ne tienne, nous nous installons ensemble et demanderons à l’autre locataire de changer. Tout baigne !

Nous sommes à vingt mètres du Bosphore, dont l’accès nous est interdit par le mur du port de yachts, et à une centaine de mètres du pont de Galata. Nous n’avons pas vue sur la mer, mais qui dit orientation sud-est dit Soleil en plein dans la pièce. A la place, nous donnons sur un parking et un minaret, qui ne manquera pas de nous envoyer droit dans les oreilles les chants approximatifs du muezzin. J’ignore s’il y a des cours de chant au concours d’entrée, mais ce n’est pas leur fort à tous. Mais ne critiquons pas, le nôtre n’est pas le pire.

La chambre est tout blanche, deux lits, deux tables de chevet, un grand bureau, de grandes armoires, un téléphone et un frigo. La salle de bain est propre, les toilettes ne sont pas turques, la cuisine bien éclairée, même si pas très équipée. En haut, une salle d’étude et une salle informatique, en bas la cafétéria, le tout très vide et lugubre puisque nous sommes les premières arrivantes. Néanmoins, la résidence reste agréable et une fois qu’elle sera pleine nous nous sentirons mieux.

Nous trouvons le supermarché, nous renseignons sur les cartes de téléphone, faisons le tour du quartier, passons dans le « Passage Français » qui n’a de français que le nom, et finissons dans notre chambre à 18 heures à boulotter du maïs et du pain fromage avant de nous effondrer de sommeil.

Le lit est dur, l’oreiller  fait 30 centimètres de haut, mais bon, je m’y ferai !

La première nuit est quand même difficile. Je regarde les murs blancs et j’écoute le silence, rien n’est familier et c’est dur de se dire que je vais rester cinq mois ici. Je finis par m’endormir. On verra demain comment ça évolue…

Par Vikki
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 10 septembre 2008

Comme deux geeks que nous sommes, la première chose que nous avons faite en arrivant était de brancher nos PC. La première chose que nous faisons en nous levant est de nous connecter à Internet.

Il fait toujours aussi chaud mais l’atmosphère est plus détendue que la veille.

Le petit dèj se compose de boîtes de thé Lipton et d’étranges brioches turques pas mauvaises mais pas géniales non plus. Il faudra prévoir une opération confiture !

Pour le moment nous nous rendons au campus de Kustepe pour voir de quoi il retourne et payer la chambre. Avec cette affreuse manie de me passer les téléphones grésillants, la femme de l’accueil m’affirme qu’il faut attendre le 15. Very well !

Nous voilà reparties. Evidemment, notre Shuttle (notre car gratuit) passe à Kustepe à 10h30, nous arrivons à 35, et nous voilà parties pour une heure d’attente dans une sorte de champ près de la cabane des bus. La vue se limite au derrière d’immeubles décrépits et une colline où se sont déversées des centaines d’ordures. Des poules viennent nous tenir compagnie. Elles sont assez laides et prennent un malin plaisir à déféquer sous nos yeux. Génial…

Enfin, nous rentrons à la maison, nous armons pour une balade, atteignons le bout de la gare maritime qui nous cache ce fichu Bosphore, traversons le pont de Galata sous un soleil de plomb et allons nous perdre dans le marché. En bonnes touristes nous

achetons une casquette. Puis, nous nous équipons d’une bassine et d’une serpillière. Nous finissons par trouver de quoi nous nourrir, un bon gros bonhomme prend soin de rajouter une généreuse dose de tomates dans nos kebabs, et nous repartons, ragaillardies.

Le Bosphore nous tend les bras, nous nous précipitons vers un stand de billets pour le bateau. 17,50 lires, ça fait environ 10 euros. Quand on pense que le London Eye coûte 15 livres, c’est pas cher, on se lance !

On finit par remarquer que notre bateau n’a rien à voir avec les petites embarcations d’une centaine de personnes, couvertes de toile à l’étage. Nous avons un beau navire altier, c’est étrange.

Et pour cause, je ne me rappelais pas être allée si loin sur le Bosphore. Après une heure et demie au bas mot, on en voit enfin le bout. Le bout Nord du Bosphore, ah oui, quand même ^^

Nous sommes donc passées devant le Dolmabaçe et tout un tas de jolies résidences côtières avec piscines et petits bateaux privés, de châteaux forts et palais en tout genre, et soudain on a réalisé ce qui faisait tant de bien c’était de ne plus être oppressées par la ville.

Istanbul est très jolie mais les immeubles sont très proches les uns des autres, il y a des voitures et des gens partout (toujours prêts à nous aider ceci dit), et on manque d’air.

Au fur et à mesure que le bateau avançait, tout se faisait plus joli, plus harmonieux, plus épars. Les maisons et les collines nous faisaient penser à San Francisco, puis au sud de la France, les forêts tout autour auraient pu être n’importe quelles autres forêts, n’importe où ailleurs…

On nous débarqua dans un petit trou touristique paumé vers l’extrémité Nord du Bosphore. Nous eûmes une heure pour profiter de la vue en mangeant une glace à une terrasse, puis nous repartîmes, avec un peu plus d’air et un peu moins de soleil cette fois.

Les photos viendront bientôt !!

Par Vikki
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 10 septembre 2008

Malgré une opération « stockage de masse » au supermarché, nos pâtes à la margarine furent assez mal accueillies par nos estomacs. Il faudrait prévoir, pour les jours prochains, de la sauce tomate et des condiments en tout genre.

Plus tard nous fûmes convoquées au bureau du directeur, qui nous gronda pour notre échange de chambre et finit par céder sous la pression de nos regards suppliants : nous fûmes mises ensemble !

A présent il est 21h30, une de nos fenêtres ferme mal, j’ai déjà tué deux moustiques, seuls trois autres étudiants sont arrivés, Tiphaine papote avec Billy sur Skype, mon papa et ma maman ne m’appellent toujours pas, mais je tiens bon, l’installation prend forme, notre bassine trône fièrement sous le lavabo, une boîte à œufs et un pot de yaourt font de très jolis contenants écologiques façon récup’ (pour contenir quoi, on ne sait pas encore), et nous parlons d’adopter un poisson rouge.

Demain, rendez-vous avec Johanna à Taksim, et une nouvelle journée en perspective !

J’espère ne pas avoir à raconter chaque détail de mon existence pendant 5 mois, c’est juste le début, la routine va finir par s’installer !

Je pense fort à tout le monde, tout serait tellement plus simple si je ne me disais pas sans cesse que je reste là pour 5 mois !!! Si je n’étais là que pour trois semaines j’arrêterai de me prendre la tête et je trouverai tout absolument génial, mais il paraît que le coup de blues de l’étudiant Erasmus dure 15 jours. Tout est normal, donc. Bientôt les objets cesseront de me rappeler les personnes qui me les ont offerts et se fondront dans le quotidien et j’arrêterai de rêver bêtement à la Norvège sous ce soleil de plomb… Qui finira bien par disparaître, lui aussi, lorsque viendront les mauvais jours ! Espérons…

Je ne pense pas avoir de vacances d’ici Noël, seulement quelques week-ends de trois jours. Quand à ces fameuses vacances, du 26 décembre au 5 janvier, je ne sais toujours pas si je les passerai à la maison. We’ll see !

Je ne vais pas dire que vous me manquez, c’est le blues du soir qui veut ça ! Malheureusement entre Tiphaine et moi y en a pas une pour remplacer l’autre à ce niveau J

 

 

Par Vikki
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 10 septembre 2008

Ma maman m'a appelée, ça m'a fait un choc d'entendre sa voix, et maintenant tout va bien ! Finalement, Istanbul-Colombes ça fait pas si loin, le téléphone grésillait à peine. Je me suis donc couchée un peu rag aillardie.

Le troisième jour de notre périple commença sous une pluie torrentielle. Nous attendîmes en vain notre shuttle pour Taksim, où nous devions retrouver Johanna, et décidâme de prendre le tram. Arrivée à Taksim nous achetons le fameux "Akbil", genre de pass électronique pour les transport, plutôt moche mais bon...
Puis route vers le sud de la vieille ville, topkaki, la Mosquée bleue et Sainte Sophie. Le quartier est vraiment joli, nous nous promenons dans les jardins, mangeons un épi de maïs assez dégueu.
Le palais et la basilique étant hors de prix, nous attendrons d'avoir nos cartes d'étudiant pour demander des réductions. La Mosquée est gratuite par contre, et vraiment magnifique. J'avais oublié cette atmosphère !
Puis nous enchaînons, toujours en tram, vers Galata et montons la côte qui nous sépare de la tour... Que nous trouvons encore trop chère ! Nous nous contenterons donc d'un thé à la pomme à une terrasse sous les vignes. Encore une des facettes de la ville, un endroit calme en plein coeur de tout, qui respire grâce au vent, c'est tellement agréable qu'on voudrait y rester des heures.
On finit par déscotcher nos postérieurs de nos chaises et faire Istikhâl Cadesi, la rue commerçante. On y trouve trois Starbucks, the Body Shop, un MacDo, la rue est large, à l'européenne, et accueil le fameux tram "Nostaljik", un petit wagon rouge à l'ancienne qui monte et descend tranquillement, des enfants accrochés à l'arrière. C'est bête à dire mais je m'y sens vraiment bien, comme à la maison. C'est là également qu'est le consulat français.

Nous finissons cet après-midi chargé par un tour au plus grand centre commercial d'Europe, encore un endroit bien occidental : Debenhams, Starbucks, Esprit et Zara Home nous y attendent. Nous trouvons une sorte de Ikéa-Leroy Merlin où nous achetons une lampe, des couverts, des étagères pour la salle de bain et un oeillet en pot, et rentrons en taxi, harassées.

Tiphaine se demande toujours si elle s'habituera à la ville, moi j'ai trouvé mon compte dans ce que j'ai vu aujourd'hui. Il est vrai que la rue de notre résidence n'est pas très agréable ; on sent que les bâtiments y ont été très beau et ont copié l'Europe du début du XXème siècle, mais tout est délabré, mal organisé. Il faut se déplacer pour être à l'aise. Johanna, elle, a trouvé une colocation vers Istikhâl Cadesi et Taksim, juste derrière le magnifique lycée français de Galatasaraï. Elle est avec un Allemand, un Hollandais et une française, tous là depuis un certain temps pour leurs stages, et se plaît plutôt bien même si elle ne paye pas la même somme que nous : 350 euros sans machine à laver, petit dèj ni Shuttle inclus, ça fait cher à Istanbul, même pour une chambre toute seule. Et puis la promiscuité promet de n'être pas toujours reposante... Mais chacun son choix !
Notre lampe funky verte et bleue est installée, la chambre prend forme et de toute façon une fois les cours commencés nous n'y passerons plus beaucoup de temps.

J'ai appris aujourd'hui qu'un an à Bilgi coûte pour un étudiant turc 20 000 dollars. Ca me semble énorme, c'est peut-être 20 000 lires turques (environ 13 000 euros). Nous avons de la chance, nos frais d'inscription s'élèvent à moins de 400 euros à Nanterre !! Sur cette bonne parole, je vais m'arrêter, sinon j'en ai encore pour des heures.

Vickie

Par Vikki
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 12 septembre 2008

Tout va mieux !
Après un bref passage au consulat français, la découvert d'un Carrefour et une visite du campus de Dolapdere (très moderne, à taille humaine), nous finissons notre jeudi à Taksim square pour rencontrer tout le monde. Ca va, je suis rassurée, je parle bien anglais, enfin j'arrive à comprendre et à me faire comprendre.
Nos mates s'appelles Ekke, Tobby, Johanna, Pierre-Marie, Ouli ou Vita, et notre chef de file, Farshad, nous emmène dans un petit bar chic au sommet d'un immeuble dans une Istîkhâl cadesi qui prend un nouveau visage (boîtes de nuits et clubbers en tout genre, mais aussi un fort sympathique bar à métalleux).
La musique est un peu fort pour parler, nous rentrons vers 23h30 avec Benjamin, un frnaçais de la résidence.
Voilà ce qu'il me fallait pour me sentir bien, au coeur de la véritable expérience Erasmus.
Tiphaine, elle, a un peu plus de mal avec l'anglais.
Même si de nouvelle galères nous attendent pour notre Ikhamet (permis de séjour) et notre enregistrement au consulat français (j'ai pas pris mon attestation de JAPD !!), je me sens confiante. Nous aurons de petits groupes de travail (maximum 20 en droit) et peu d'heures de cours (entre 15 et 20).
Vendredi matin nous rencontrons Lisa, une nouvelle arrivante allemande qui parle aussi bien anglais que français, et l'emmenons au musée d'archéologie, où sont exposés vestiges égyptiens et mésopotamiens aux côtés de magnifiques statues grecques, nous parlons des heures autour d'un verre, mangeons ensemble, c'est vraiment sympa. 
Il commence à se faire tard, j'avais tout un laïus à faire sur la beauté de tel ou tel endroit, le charme de tel autre, mais je sens que je vais aller me coucher, pleine de satisfaction.
Demain, je rencontre mon turkish buddy et une soirée nous a été proposée, lundi on visite la fac, tout va de plus en plus vite, et le blues est déjà loin derrière !!

Dans toute cette histoire j'ai oublié de regarder qui avait gagné le match France Arménie et de mettre mes photos sur mon PC.
Quelle incorrigible étourdie je fais. Vous allez voir que bientôt je n'écrirai plus rien !

PS : en France comme en Allemagne, apparemment Tokio Hotel a mauvaise presse ^^ C'est un moyen comme un autre d'aborder un sujet de conversation, mais vous n'avez pas intérêt d'aimer Céline Dion parce que les allemands la descendent à flèche...

Bonne nuit, good night, buenas noches, güten nacht et euh... En turc je sais pas encore
++ ! 

Par Vikki
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 14 septembre 2008

Aujourd’hui pas grand-chose. Nous avons beaucoup marché pour rien mais c’était sympa. Il y a des produits bio chez Carrefour (Dieu existe peut-être, finalement ?) mais nous n’avons trouvé d’homéopathie nulle part (ah, non, Dieu n’existe pas).

Nous apprenons à nous faire à notre vilain quartier, les murs de l’ancien port de l’ex URSS ne nous semblent plus si méchants et les Yachts type « Queen Victoria » qui nous cachent le Bosphore jusqu’à trente mètres de haut nous laissent indifférentes.

La résidence promet d’être pleine à craquer de jeune turcs fougueux la semaine prochaine : ces étudiants en première année qui quittent pour la première fois la maison familiale et qui vont faire la fiesta. Les vigiles à l’entrée sont en fait là juste pour vérifier que ces jeunes écervelés de 18 ans rentrent bien à 22 heures, prêts à appeler les parents pour signaler tout retard douteux. Les pauvres !

Nous ne cessons de faire de nouvelles rencontres : aujourd’hui, Mustapha, un turc qui va nous faire visiter le plus beau campus de Bilgi, Santral Istanbul, demain dans la journée.

Nous parlons anglais du matin au soir avec Tiphaine, mais Lisa aime aussi pratiquer le français. Nous lui apprenons les bonnes expressions franchouillardes (C’est « Vachement » bien, j’en ai « marre », j’aime pas les « beaufs »).

La plupart des étudiants Erasmus qui restent un an ici ont pris un appartement. Evidemment, sur le long terme, c’est toujours mieux d’avoir sa propre chambre et de faire la fête à domicile. Mais pour 5 mois la résidence est vraiment pas mal, une fois qu’il y a du monde. Selon Mustapha, il y aura même trop de monde la semaine prochaine, et cuisiner deviendra un enfer.

A part ça, nos 350 euros par mois sont bien investis. Johanna paye le même prix pour son flat, mais elle n’a pas son free breakfast, son shuttle, sa laundry et son cleaning room service. De plus jusqu’à maintenant il est très agréable de se poser sur la terrasse pour réviser les langues et discuter avec plein de monde.

Ce soir, donc, fiesta. Je vais aller me reposer un peu parce l’anglais est  très prenant et je commence à fatiguer.

Bye !

 

Par Vikki
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus